Génération Y, génération désabusée ?

J’entends souvent parler de cette fameuse « génération Y », ces enfants nés entre 1985 et 1995 qui ont aujourd’hui entre 20 et 30 ans. Il paraît qu’ils sont « jemenfoutiste », qu’ils zappent de job comme de compte twitter et que le mot travail n’est pour eux qu’alimentaire. Les entreprises s’affolent, les journaux grognent et leurs parents se demandent comment ils ont pu engendrer une tribu tellement éloignée de leurs valeurs.

Et pourtant, je fais partie de cette jeunesse et celle que je vois n’est pas uniquement celle des médias.

Cette jeunesse n’est pas insolente et insensible, elle est en quête d’un monde différent.

Nous avons grandi avec la crise économique, avec le spectre des 25% de chômage chez les moins de 25 ans, de la crise écologique et des inégalités croissantes.

Les difficultés de notre société nous touchent particulièrement : c’est le monde dans lequel nous vivons et celui dans lequel nous ferons grandir nos enfants, c’est notre avenir.

La génération Y qui m’entoure identifie ces enjeux, mais plutôt que de manifester ou de se politiser, elle se responsabilise, entreprend et tâche de « faire sa part » pour impulser un changement durable.

Ma jeunesse est audacieuse :

Celle de Nathanaël via son entreprise sociale « Singa », qui fait des réfugiés français une force plutôt qu’un problème social.

Celle de Renaud qui invente de nouveaux moyens pour se déplacer (Add Bike) et apporter des solutions concrètes aux enjeux climatiques.

Cette jeunesse s’appelle Maxime, jeune journaliste talentueux fondateur de 8ème Etage, un média qui différencie l’information de l’actualité, rageux d’entendre toujours les mêmes nouvelles dans les médias.

Cette jeunesse s’appelle Sarah, fondatrice de Constant & Zoé, une marque de vêtements et accessoires astucieux pour les enfants en situation de handicap.

Cette jeunesse s’appelle Thibault, qui à la sortie d’une école de commerce, a choisi de travailler auprès des jeunes de quartier parce qu’il croit que transmettre des valeurs à la prochaine génération est la priorité.

Cette jeunesse n’est pas désabusée, elle est face à la violence du monde, au chômage de ses parents et au pessimisme ambiant.

Mais plutôt que de nous énerver ou de nous exiler, nous nous retroussons les manches, nous décidons d’agir et de ne pas rester passif.

Face au mur, on réinvente, nous faisons notre mue de manière individuelle ou collective en s’engageant dans des associations, en travaillant dans l’économie sociale et solidaire, en consommant différemment, chacun à notre échelle.

La génération Y n’est pas en train de penser à son prochain week-end, elle pense à son monde, à ses pairs et est tournée vers l’avenir.

Mon avenir, j’ai commencé à le bâtir il y a 3 ans en cofondant avec Enora Guerinel un incubateur de start up sociales à Lyon : Ronalpia, pour accompagner ces initiatives positives et leur permettre de se pérenniser.

Léna Geitner, co-fondatrice de Ronalpia.

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Ronalpia accompagne des entreprises sociales en Région Rhône-Alpes depuis 2013.

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